Les plantes et herbes aromatiques par Thérèse P
Indispensables dans la cuisine pour parfumer les aliments et apporter de la variété, les herbes aromatiques nous fournissent des vitamines et des oligo-éléments nécessaires à notre bonne santé et augmentent la résistance de notre organisme.
Nous nous occuperons ici essentiellement de l’usage de ces plantes dans la cuisine pour parfumer les plats.
Le persil
(Petroselinum crispum) Famille des Apiacées 3 variétés : le frisé, le plat, le tubéreux . Originaire du bassin méditerranéen. C’est une bisannuelle : la première année, on récolte les feuilles qui sont utilisées crues, ses tiges qui parfument les liquides de cuisson ; la 2ème année, les graines et les racines. La récolte des racines sera plus abondante en automne. Moins utilisées mais excellentes, celles-ci se consomment en crudités, en potages ou en légumes.
Outre ses qualités aromatiques, le persil est riche en vitamine A, B, C, en calcium et en fer. Il favorise la digestion, est dépuratif, diurétique et expectorant. Toutefois, le persil doit être consommé avec parcimonie, surtout par les femmes enceintes.
Cultivars
de persil frisé var. crispum le plus beau en garniture
‘Darki’: grandes tiges, feuillage vert foncé, crispé.
‘Grüne perle’: vert foncé, très frisé, bonne résistance au froid, repousse rapide.
‘Favorit’: longues tiges solides, feuillage ourlé, bonne résistance au froid.
‘Lisette’: persil mousse très frisé, très rustique, extra pour le jardin.
de persil plat var. neapolitanum ,plus parfumé que le frisé
‘Géant d’Italie’: le plus parfumé.
‘Titan’: végétation rapide, très parfumé.
‘Fidelio’: végétation plus compacte que le Géant d’Italie, grandes feuilles vert foncé très aromatiques
‘Laica’: très grosses feuilles très aromatiques, développement et repousse rapide après la cueillette.
de persil tubéreux var. tuberosum
‘Halfhange Race Eagle’: racine blanche, lisse, le feuillage est parfumé.
‘Olomouckà Dlouhà’: longue racine , blanche, très parfumée, très bonne conservation.
Le semis
Il s’effectue à partir de mars jusqu’en août. Après avoir fait tremper les graines 24 heures (dans du marc de café, ce qui permet de semer plus léger), ou bien en ayant placé les graines 2 à 3 jours au congélateur, il faut semer en ne couvrant que légèrement les graines avec 1cm de terre. Ensuite, la terre devra rester humide jusqu’à la germination qui a lieu 2 à 3 semaines plus tard.
Pour hâter celle-ci, on peut couvrir la terre avec un voile ou semer en godets, en serre ou sous châssis. Une température autour de 20° favorise la germination.
Il faudra ensuite éclaircir en laissant 15 cm entre les plantules.
On cultive le persil dans une terre humifère riche, plutôt humide, au soleil ou à mi-ombre. On apportera un engrais organique mais surtout pas d’engrais frais. L’arrosage est indispensable si on veut éviter une montée à graines trop rapide. Il faut désherber à la main et couper les tiges anciennes pour favoriser la production de nouvelles pousses.
Le persil étant auto-toxique, il est indispensable de changer l’emplacement de la culture tous les ans avec une rotation de 3 à 4 ans.
La récolte
A partir de mai, les feuilles se récoltent pour une utilisation immédiate. Il est préférable de cueillir les feuilles de la périphérie pour permettre le développement de la touffe. La récolte se poursuit tant que la plante pousse.
Si on veut conserver une récolte abondante, on peut sécher les feuilles au four à 90° en laissant la porte ouverte, ou bien on peut les surgeler ou les conserver au sel. Il perdra hélas de sa saveur, le persil frisé résistant mieux.
Si l’on rabat complètement les plants pour une récolte de conservation, il est important d’apporter poignées d’engrais organiques par mètre carré.
Pour une récolte l’hiver, on peut installer dans un pot placé sur un bord de fenêtre une racine en conservant 2cm de feuillage. Dans notre région, le persil pousse tout l’hiver et peut rester en place.
La récolte des racines se fait en automne. La récolte sera plus abondante la 2ème année. On retire complètement la racine blanchâtre du sol. Si on ne consomme pas toute la racine de suite, on peut la conserver dans du sable dans un local frais.
Particularités
Les grecs récompensaient les athlètes avec du persil, cette plante ayant été choisie autrefois par Hercule.
Dopage : On donnait de gros bouquets aux chevaux de course pour leur apporter de l’énergie.
Déjouer l’alcotest : les romains tentaient de dissiper les vapeurs de l’alcool en consommant beaucoup de persil.
Médicament : jusqu’au Moyen Âge, le persil était considéré comme un médicament. Il n’entre dans la cuisine qu’à partir du XVème siècle.
Le cerfeuil
( Anthriscus cerefolium ) une Apiacée Originaire du sud de la Russie. C’est une annuelle qui fleurit rapidement. On récolte les feuilles qui sont utilisées crues. La saveur délicate et anisée du cerfeuil s’accorde bien avec les crudités, les salades, les œufs, les potages, les garnitures de pain et la viande d’agneau.
Le cerfeuil est riche en vitamine C et huiles essentielles ; il favorise le métabolisme et a une action dépurative.
L’odeur anisée du cerfeuil permet de le distinguer de la cigüe qui lui ressemble.
Cultivars de cerfeuil simple :
‘Simple’ : feuillage très parfumé
‘Massa’ : feuillage vert foncé, très aromatique
‘Vertissimo’ : cerfeuil d’hiver, résistant au froid, s’utilise frais, sec ou congel
Le semis s’effectue dès mars et doit être renouvelé jusqu’en juillet car il monte vite à graines. La germination demande 1 à 2 semaines et beaucoup de lumière. Les graines germent à partir de 5° Le sol doit être léger, riche (compost et humus), frais, à mi-ombre, non calcaire. On sème à la volée et, au potager, il n’est pas utile d’éclaircir. Le cerfeuil ne se repique pas en raison de sa racine pivotante. On peut quand même faire un semis en godets qu’il est plus facile de surveiller. Le sol doit être plombé après le semis.
La culture
Après la première récolte, on apporte un peu d’engrais organique (2 à 3 poignées par m²) pour accélérer la croissance.
Il faut arroser régulièrement et abondamment en période de sécheresse et supprimer toutes les inflorescences en formation pour conserver le feuillage le plus longtemps possible.
Le cerfeuil se ressème facilement. Ses fleurs attirent les insectes.
On peut aussi semer sous abri en automne
La récolte se fait au fur et à mesure des besoins avant la montée à fleurs. On prélève les tiges de la périphérie sans abîmer la touffe.
On peut conserver le feuillage ciselé dans des bacs à glaçons. On peut aussi préparer du beurre de cerfeuil en petites quantités à congeler. Le séchage fait perdre une grande partie des arômes.
La ciboulette
(Allium schroenoprasum) C’est une Amaryllidacée (ex Liliacée) dont on utilise les feuilles crues au léger goût d’oignon, dans les vinaigrettes, les assaisonnements à base de crème, avec les œufs, le poisson fumé, le fromage blanc, etc. Les tiges se développent à partir de petits bulbes. La ciboulette fleurit à partir de mai. Des fleurs sphériques, mauves se dressent sur des tiges de 30cm et forment de jolies touffes au jardin d’ornement.
Riche en vitamines A et C, la ciboulette stimule aussi la digestion.
La culture
Il faut l’installer de préférence au soleil dans un sol profond, humifère et bien drainé. On peut semer mais plus simplement replanter des éclats de souche en mars ou en octobre. A noter que les graines ne gardent leur pouvoir de germination que pendant un an.
Les semis et les repiquages seront arrosés régulièrement ainsi que les plants par temps sec. Pour avoir des feuilles fraîches en permanence, il faut éviter la floraison.
Récolte On prélève les tiges au fur et à mesure des besoins. Plus on les coupe, plus elles poussent. On peut congeler les feuilles ciselées dans un bouillon pour l’hiver, mais on peut aussi mettre une touffe en pot et la cultiver sous abri. Pour cela, il faut interrompre la période de dormance en mettant les bulbes quelques instants au congélateur ou en trempant la touffe quelques heures dans de l’eau à 38°C.
Plantes apparentées
Ciboule ou cive (Allium fistulosum ): Utilisée comme plante aromatique ou légume. Sa saveur est proche de l’oignon, de l’échalote ou du poireau mais en plus doux et plus fin. Toute la plante se consomme : les bulbes comme des oignons, les tiges épaisses plutôt crues, la fleur en bouton ou les pétales pour agrémenter des salades. La ciboule est très utilisée dans la cuisine orientale.
Ail chinois ou ciboulail ou ciboule de chine (Allium tuberosum) : Vivace aux feuilles étroites, très longues ayant un goût d’ail très doux. Elle s’utilise comme la ciboule.
Plante compagne C’est une plante compagne pour la carotte dont elle active la croissance et qui en retour la protège de la mouche du poireau à laquelle elle est sensible. Elle aide les rosiers à se protéger de la maladie des tâches noires et les pommiers de la gale. Elle est aussi bonne compagne de la betterave, du concombre, de la tomate et des fraisiers. Mais attention, elle n’aime pas les apports d’azote trop importants donc ne se cultive pas à côté des fabacées.
La coriandre
(Coriandrum sativum) Famille des Apiacées. Origine supposée au Moyen-Orient. C’est une annuelle qui ressemble au persil. Durant l’été, la coriandre fleurit en ombelles plates blanches ou rose pâle. La fructification se fait en graines sphériques striées, jaune-brun.
Toutes les parties de la plante dégagent une odeur caractéristique.
La coriandre fraîche a même usage que le persil avec une saveur plus prononcée. On l’utilise dans des recettes de hors d’œuvres exotiques. Les graines parfument les viandes en cari, le couscous, les grillades ou les cornichons.
La coriandre a des vertus digestives, diurétiques et stimulante
La culture Le semis se fait dans un terrain meuble, calcaire, profond et légèrement amendé, au soleil, dès que le sol est réchauffé en avril/mai ou en godet. Il faut éviter le repiquage car c’est une racine pivotante. Ensuite, il faut éclaircir pour garder un plant tous les 15cm. Pour retarder la montée à graines, il faut ombrer et arroser en cas de fortes chaleurs. Attention aux oiseaux qui sont attirés par l’odeur (chardonneret)
La récolte des feuilles fraîches se fait au fur et à mesure des besoins. La congélation se fait en feuilles ciselées mélangées à un bouillon dans les cubes à glace. Le séchage n’offre aucun intérêt.
Les graines se récoltent avant la complète maturité lorsqu’elles sont jaune-brun. On coupe la plante entière et on la fait sécher la tête en bas, enveloppée dans un sac à papier. On stocke les graines dans un bocal fermé à l’abri de la lumière. On les utilisera dans des sauces, des marinades, des sautés ou caris, dans la pâtisserie ou le pain. Pour développer leur saveur, on peut les écraser légèrement avant utilisation.
Il existe plusieurs variétés en dehors de la coriandre commune mais qui ne sont pas faciles à trouver : coriandre chinoise, confetti, mexicaine, marocaine…
Le Rau Ram : appelé aussi coriandre vietnamienne. En fait ce n’est pas de la coriandre ! Il pousse à mi-ombre et demande beaucoup d’humidité. Gélif, il faut le rentrer en automne. Sa saveur crue associe coriandre et citronnelle, cuite elle est plutôt poivrée.
Particularités
La trace la plus ancienne remonte au néolithique (6 000 ans av JC) dans une grotte de Palestine. On a trouvé des graines dans la tombe de Toutankhamon, preuve que la coriandre était cultivée à cette époque car elle n’existe pas à l’état sauvage en Egypte.
La coriandre est mentionnée dans la bible. Les Grecs et les Romains l’utilisaient pour conserver la viande au frais et pour parfumer le vinaigre servi avec ces viandes.
Pour les Chinois, elle avait le pouvoir de rendre immortel. On la retrouve dans les préparations des herboristes servant à favoriser la longévité.
L’estragon français
(Artemisia dracunculus) Celui-là est vivace. Il fait partie de la famille des Astéracées. C’est une plante de 50 à 80cm formant une touffe aux feuilles étroites, effilées vert sombre. Des inflorescences peuvent apparaître en été mais ne donnant pas de graines. Riche en antioxydants, en vitamine B et C, il stimule l’appétit et la digestion. Son parfum puissant mais raffiné, légèrement anisé accompagne les salades, potages, sauces et viandes, mayonnaise, sans oublier les cornichons. C’est l’ingrédient indispensable de la sauce béarnaise.
La culture
Il se divise par éclats des racines au printemps. On l’installe au printemps juste après le prélèvement les éclats dans une terre riche, fraîche et humifère non calcaire mais bien drainée, à la chaleur. Pincez les tiges pour accentuer la ramification. Ne pas prélever trop de feuilles la première année.
Un apport de compost frais au printemps ou après la récolte complète est judicieux.
On peut aussi bouturer en été. La mise en place des boutures se fera lorsque les racines seront bien développées.
Dès les premiers gels, rabattez la touffe et couvrez-la d’un paillis.
Le pied doit être renouvelé tous les 3-4 ans. Pour cela, en mars avril, tranchez la touffe pour prélever des éclats ayant 3 ou 4 tiges et de nombreuses racines et plantez-la dans un autre endroit et arrosez.
La récolte se fait toute la saison. Le séchage supprime les arômes et la congélation lui en fait perdre beaucoup. Par contre, un beurre d’estragon se conserve bien au congélateur. On peut aussi préparer un vinaigre ou une huile à l’estragon pour parfumer salades et plats en hiver. On peut aussi garder des feuilles dans l’huile ou le vin blanc au réfrigérateur.
Particularités
On a longtemps cru que, à cause de la forme des racines, l’estragon pouvait guérir des morsures de serpent.
Au Moyen-âge, les pèlerins en plaçaient des fragments dans leurs chaussures pour éviter les mauvaises rencontres.
Le basilic
(Ocimum basilicum) Famille des Lamiacées C’est une annuelle de 20 à 50 cm selon les variétés. Elle provient d’Orient ou d’Afrique. Sa saveur à la fois citronnée et camphrée parfume les salades (compagne idéale des tomates), les sauces et les viandes à base de vin et d’ail. Il est excellent pour l’estomac. Très riche en calcium, magnésium, potassium, il apporte aussi fer et vitamine C.
Des cultivars
Basilic grand vert : feuillage vert intense, saveur piquante
Basilic cannelle : s’utilise cru aussi bien dans des plats salés qu’en cocktail de fruits, glaces, compotes, gâteaux en ajoutant les feuilles ciselées au dernier moment. Sa saveur s’atténue à la cuisson.
Basilic citron aux feuilles vert clair, fragiles à protéger du soleil. Il s’utilise avec les poissons, les pâtes, les desserts, les boissons et en infusions.
Basilic Thaï : feuilles ovales, moyennes, inflorescences pourpres. Il a une saveur mêlant cannelle et anis très prononcée. Pour une cuisine exotique.
Basilic fin vert appelé aussi pistou : petites feuilles ovales, minces, vert vif à la saveur légèrement épicée. La touffe peut atteindre 30cm. Le plus utilisé dans la cuisine méditerranéenne.
Basilic grec : toutes petites feuilles pointues très aromatiques. Petite touffe facile à cultiver en pot.
Basilic pourpre : grandes feuilles violet-pourpre à la saveur poivrée, fleurs rose pâle.
D’un port compact, la plante a des effets décoratifs et peut être installée au jardin d’ornement. En cuisine, le basilic pourpre s’utilise cru et donne de la couleur aux préparations.
On peut aussi l’utiliser comme colorant alimentaire.
La culture
Il se cultive dans un sol fertile riche en humus et en compost, chaud, à l’abri du vent mais bien aéré et pas trop exposé au plein soleil du milieu de journée. Le semis se fait en mars sous châssis ou en serre avec repiquage en mai, dès que les gelées ne sont plus à craindre. La terre sera maintenue fraîche avec un paillage et des arrosages réguliers. Le pincement des pousses terminales permet d’obtenir une touffe dense et d’éviter la floraison. Ce pincement se fait à la main car le basilic noircit vite par oxydation. Il faut absolument éviter le fleurissement qui empêche la plante de faire de nouvelles feuilles.
Plante compagne, il se plait avec les solanacées (tomates, poivrons) les brassicacées (choux), les cucurbitacées ( courges) qui le protège d’un soleil trop puissant.
La récolte
Se fait à la main pour les raisons d’oxydation. Les jeunes feuilles sont les plus sucrées, les feuilles de la base ont un arôme plus prononcé.
On peut conserver les feuilles surgelées ou en pesto dans de l’huile ou du vinaigre. Mais la conservation fait perdre une bonne partie des arômes.
Pour la cuisine, les feuilles fraîches seront ajoutées en fin de préparation.
Particularités
Le nom du basilic vient du grec Basileus qui signifie Roi. En Inde c’est une plante sacrée qui s’offre à Krishna et à Vishnou. En Italie, les jeunes filles mettaient un pot de basilic sur le bord des fenêtres pour signaler à leur galant qu’une visite nocturne était souhaitée !
Venant d’Asie du sud ou d’Afrique centrale, le basilic arrive en Egypte il y a plus de 4 000 ans pour se répandre en Europe et en Amérique avec les premiers émigrants.
Cuisine
Dans le sud de la France, on l’appelle généralement pistou ou pesto en référence à la pâte obtenue en pilant le basilic avec de l’huile d’olive.
Le thym
(Thymus vulgaris) Une Lamiacée. Plante vivace ou mini arbuste de 3 à 30cm. Il existe de nombreuses variétés de thym dont les utilisations seront toutes aussi variées : dans les potages, les sauces, avec les viandes bouillies ou grillées au barbecue, avec les poissons, avec des légumes du soleil, avec des salades de fruits, en infusion.
Le thym a de nombreuses propriétés : tonique, stimulant, pectoral…
Des variétés :
Thymus vulgaris : c’est celui qu’on utilise habituellement.
le serpolet (Thymus serpyllum) : c’est le thym sauvage qui pousse dans la garrigue
le thym citron (Thymus ciriodorus)excellent en infusion; il produit de belles inflorescences.
le thym corse ou cumin (Thymus herba-barona), le thym panaché…
La culture
Le thym se cultive dans une terre calcaire bien drainée voire caillouteuse au soleil. Il faut cependant l’arroser en cas de sécheresse. Il ne supporte pas le fumier frais. On lui apporte du compost bien décomposé, de la corne ou des algues séchées.
Le semis se fait au printemps et au chaud : 20°, le repiquage à l’automne ou au printemps suivant. Le thym craint le gel. Il est bon de le protéger.
Le bouturage se fait à partir d’avril en boutures non-ligneuses.
La division sur des touffes de plus de 3 ans qui ont émis des rejets est une autre solution. Dans ce cas, veillez à ne pas laisser les racines sécher avant de repiquer et pensez à arroser en profondeur.
La récolte
On peut le récolter au fur et à mesure des besoins ou faire une coupe importante juste avant la floraison. Les feuilles séchées se conserveront dans un pot fermé, à l’abri de la lumière.
Il est important de ne pas laisser la touffe faire du vieux bois. Pour assurer une meilleure production, on peut rabattre à la hauteur d’une main mais toujours au-dessus d’une feuille. Il faut aussi renouveler les pieds tous les 3/4 ans.
Particularités
Au jardin, un massif de thym est le lieu privilégié des fées.
On utilisait le thym qui a des propriétés bactéricides pour lutter contre les épidémies. L’huile de thym faisait partie de la pharmacie de campagne pendant la seconde guerre mondiale.
Le romarin
(Rosmarinus officinalis) Une Lamiacée. C’est un buisson au feuillage persistant de 70-80cm mais qui peut atteindre 2m, dont on utilise les feuilles fines en forme d’aiguille. Son goût camphré, frais et un peu amer, son odeur de garrigue, relève les sauces, le gibier, la volaille, l’agneau, les viandes au barbecue, la ratatouille… Il fleurit bleu au printemps.
Il a de nombreuses propriétés : stimulant, diurétique, antirhumatismal…
La culture
On l’installe au soleil dans un sol plutôt sec, à tendance calcaire. Si votre sol est trop lourd, cultivez-le en pot. Il faut l’arroser à la plantation mais protégez la base par un paillage léger en cas de froid humide. La taille après la floraison permet que de jeunes pousses se forment. Il se multiplie facilement par boutures de tiges aoûtées. On les installe dans un mélange sable et terreau à l’abri et on les mettra en place au printemps.
La récolte
On récolte les feuilles au gré des besoins. Le romarin séché se conserve au sec. Les fleurs ont le même usage que les feuilles.
Pour conserver un port trapu à la plante, il faut couper régulièrement les tiges.
Le romarin trouvera facilement sa place dans le jardin d’ornement. Il peut former une haie basse.
Particularités
Supposé stimuler la mémoire, les étudiants grecs en portaient des couronnes pour apprendre leurs leçons.
Ses propriétés bactéricides confirmées scientifiquement l’ont fait utiliser comme le thym contre les épidémies.
Deux plantes vivaces de la famille des Lamiacéees qui se ressemblent originaires du bassin méditerranéen.
L’origan
(Ocimum vulgare) tiges rouges à la section carrée aux feuilles vertes velues légèrement dentées. Fleurs roses ou rouges regroupées en petits panicules. Plante de 30 à 80cm. Appelé aussi marjolaine vivace ou marjolaine sauvage !
La marjolaine
(Ocimum majorana) feuilles opposées vert grisâtre, fleurs blanches ou mauves regroupées à l’aisselle des feuilles. Plante de 60cm. Appelée aussi Origan des jardins !
Leur goût est incontournable pour parfumer, les salades, les poissons, les légumes, les vinaigrettes les plats italiens, notamment les pâtes et les pizzas.
Des propriétés communes : tonique, stimulant, diurétique, stomachique, bénéfique en infusion pour les voies respiratoires.
La culture
On les sème au chaud en mars et on les installe quand les gelées ne sont plus à craindre, au soleil dans un sol sec, plutôt calcaire et un peu enrichi de compost bien mûr, un talus ou une rocaille par exemple.
La récolte
On récolte en permanence les feuilles des jeunes pousses. En juillet et en automne, on procède à des récoltes en vue de faire sécher les feuilles ou de les surgeler ou de les conserver à l’huile.
La marjolaine a une saveur plus fine que l’origan. Pour une meilleure production, il faut rabattre les tiges prêtes à fleurir.
Le système racinaire étant superficiel, le désherbage doit se faire à la main
Particularités
Pour les marins, une infusion d’origan serait bénéfique pour lutter contre le mal de mer.
Les sarriettes
(Satureia hortensis et Satureia montana) Famille des Lamiacée. La sarriette des jardins ou sarriette commune est une annuelle herbacée. La sarriette des montagnes est un arbrisseau vivace, buissonnant, semi-persistant. Les deux sont des plantes du bassin méditerranéen. Les sarriettes ont un goût de poivre, celui de celle des montagnes étant plus intense.
Les sarriettes parfument les potages, les sauces, les légumes secs qu’elles rendent plus digestes, les pommes de terre. Elles s’utilisent pour les grillades. C’est un des éléments des herbes de Provence.
Propriétés liées à la digestion : stomachique, calmante, carminative, antiseptique.
La culture
On les cultive au soleil dans un sol assez sec, léger, bien drainé, riche en humus et calcaire.
On peut les installer au jardin d’ornement.
Le semis se fait avec des graines de l’année précédente, dans un mélange léger, sous abri. On place les graines en surface et on garde la terre humide. La germination est rapide.
Le bouturage se fait avec les extrémités des pousses en été.
Le plant de sarriette des montagnes doit être remplacé tous les 3 ans.
La récolte
On cueille les terminaisons des tiges au fur et à mesure des besoins en coupant à la main.
Une récolte régulière permet l’apparition de rejets. Si la plante fleurit, il faut la rabattre.
Les tiges feuilles seront séchées à l’ombre et conservées au sec
Particularités
Virgile conseillait de planter des sarriettes près des ruches pour donner un parfum particulier au miel.
Avant l’arrivée du poivre puis du piment, la sarriette était l’une des épices au goût le plus prononcé.
Le laurier
(Laurus nobilis) Famille des Lauracées. C’est un arbuste qui pousse très bien en Bretagne et se ressème facilement. On utilise ses feuilles fraîches ou séchées pour parfumer de nombreux plats, des marinades et des sauces. C’est un élément du bouquet garni.
Propriétés : stomachique, diurétique, carminative et utilisé dans un bain des vertus antirhumatismales.
La culture
On l’installe dans un sol ordinaire, drainé, au soleil.
La récolte
Le feuillage étant persistant, on prélève les feuilles en fonction des besoins. On peut aussi les faire sécher en prenant un rameau qui sèchera tête en bas.
Particularités
Il est le symbole de la gloire et de la récompense. Les athlètes vainqueurs des jeux olympiques recevaient une couronne de laurier.
Dans l’antiquité on lui attribuait beaucoup de pouvoirs. Par exemple celui de protéger de la foudre.
Dans la mythologie grecque, le dieu Apollon poursuivait la nymphe Daphné de ses assiduités. Pour la protéger, son père Peneus la transforma en laurier couvert de fleurs. Apollo s’agenouilla devant l’arbre et jura qu’il serait sacré. A partir de ce jour, il porta une couronne de laurier.
La sauge
(Salvia officinalis) Famille des Lamiacée. Connue depuis l’Antiquité et utilisée pour ses nombreuses propriétés, c’est une plante endémique en Europe. Plante vivace au feuillage duveteux persistant et qui fleurit en épis violets ou pourpre en juin/juillet. On récolte les feuilles au parfum citronné, camphré selon les espèces et selon les besoins. On l’utilise pour la cuisson des légumes secs, pour les sauces, la cuisson de viandes et poissons, pour parfumer huile et vinaigre, en infusion.
La culture
La sauge pousse en plein soleil dans un sol sec, drainé, pauvre et supporte le calcaire.
On arrose les jeunes plants.
Pour former des touffes trapues et productives, il faut pincer régulièrement les extrémités des tiges et rabattre sévèrement la touffe au printemps au dessus d’une feuille.
Le semis est difficile. Le bouturage en fin d’été avec mise en place au printemps est préférable en espaçant les plants de 50cm.
La récolte
Selon les besoins. On peut faire sécher les feuilles qui auront alors un goût plus prononcé.
Des variétés
Il existe des dizaines de sauges qui pourront être utilisées dans la cuisine et qui offrent un effet décoratif au jardin d’ornement.
Salvia officinalis ‘Mas de Lunès’ : feuillage très aromatique.
Salvia elegans : sauge ananas, fleuraison rouge, les fleurs se consomment aussi dans les salades de fruits. Pour parfumer des salades ou des jus de fruits, des crèmes en faisant infuser les feuilles.
Salvia officinalis ‘Berggarten’ : larges feuilles bleu/violet, très aromatiques.
Salvia officinalis crispa : floraison bleue
Salvia lavandulifolia : à feuilles de lavande gris/bleu, fleurit au printemps, attire les abeilles, idéal en bordure de massif.
Particularités
Le nom sauge vient du latin salvare.
Dicton provençal : Qui a de la sauge dans son jardin n’a pas besoin de médecin.
L’oseille
(Rumex acetosa ) Une Polygonacée. Vivace de 30cm de haut produisant de larges feuilles en touffes denses.
Riche en vitamines A et C, elle a aussi une action dépurative et légèrement laxative. Sa consommation est à éviter pour les personnes souffrant de rhumatismes.
On l’utilise pour sa saveur acide et fraîche dans des sauces avec du poisson, dans les potages, en omelette, avec les viandes, ou crue pour des jeunes feuilles dans des salades et garnitures de pain. On peut aussi en fourrer l’intérieur d’un poisson car elle contient de l’acide ascorbique qui va dissoudre les fines arêtes.
La culture
On installe, au printemps, des éclats munis de racines dans un sol neutre ou acide, profond, riche et humide, plutôt lourd et à mi-ombre. Espacez les éclats de 30cm. La sécheresse rendant les feuilles plus acides, on veillera à maintenir la terre humide. En début de végétation, il faudra surveiller limaces et escargots qui dévorent les jeunes feuilles.
Pour stimuler la production de jeunes feuilles, il faut éliminer régulièrement les feuilles extérieures. Seuls les pieds femelles fleurissent. Il vaut mieux les éliminer, les graines ayant du mal à germer ne sont d’aucune utilité
La récolte
On cueille en cassant les tiges à la main les feuilles d’avril à novembre en prenant soin de ne pas prendre les feuilles du cœur ni les vielles feuilles trop chargées en acide oxalique.
On peut conserver au congélateur des feuilles revenues au beurre.
Cultivar
Il existe un cultivar d’oseille améliorée : Rumex acetosa ‘Large de Belleville’ appelée aussi oseille blonde.
Particularités
On a retrouvé des traces d’oseille dans les tombes égyptiennes.
Les Romains et les Grecs en consommaient pour mieux digérer après leurs fastueux banquets.
Les Français sont les principaux consommateurs d’oseille qui est peu connue dans la plupart des pays.
La menthe
(Mentha) C’est une Lamiacée. Plante vivace dont la hauteur varie selon les variétés. Il en existe environ 1200 aux parfums très divers : menthe verte, menthe banane, menthe poivrée, menthe pomme, menthe gingembre, etc. Le thé à la menthe traditionnel s’accompagne de la vraie menthe verte (Mentha spicata). On utilise toutes les variétés avec des salades de fruits, des desserts, dans le taboulé, dans des sauces fraîches à base de crème, avec les nems, dans des cocktails… Quelques feuilles de menthe dans un plat de légumes secs ou de céréales les rendent plus digestes.
En été apparaissent des épis de fleurs blanches, rosées ou mauve selon les espèces.
La culture
Facile à faire pousser, il faut plutôt prévoir de la contenir. On installe des morceaux de stolons, au printemps ou en automne, dans un sol profond et frais, voire humide, enrichi de compost à peine décomposé, à mi-ombre ou au soleil. L’apport de fumier ou d’engrais est à exclure car il favorise la rouille. L’arrosage devra être régulier en période de sécheresse. La culture peut se faire en pot mais il faudra renouveler la plantation tous les ans car les stolons se trouvent rapidement au bord du pot.
Attention aux limaces au démarrage de la végétation !
La récolte se fait de mai aux gelées. La taille des tiges favorise le départ de nouveaux rameaux. Le séchage doit se faire rapidement pour éviter que feuilles et rameaux ne noircissent. On les conservera au sec sans lumière.
Des variétés :
La menthe banane, la menthe pomme : à utiliser dans des boissons, cocktails, thé glacé, jus de fruits, avec des salades de fruits.
A vous de choisir selon les usages.
L’aneth
(Anethum graveolens Famille des Apiacées. Originaire d’Asie mineure. Ressemble au fenouil en plus petit. C’est une annuelle dont on utilise le feuillage cru à la saveur anisée dans les salades et les graines avec des poissons, des légumes, des sauces, etc. Il a des vertus digestives et calmantes. La plante peut atteindre 1,20m et fleurit de juillet à septembre.
La culture
On le cultive dans un sol riche en humus, frais et drainé, au soleil et à l’abri du vent.
Le semis se fait en place d’avril à juillet. Il faut faire tremper les graines pour favoriser la germination. Pour étaler la production, il faut faire des semis successifs. Si vous semez en godet, repiquez rapidement car l’aneth a une racine pivot. Quand la plante a bien démarré, effectuez un pincement pour provoquer des ramifications. Pour éviter une montée à graines trop rapide, arrosez par temps sec.
On peut l’installer au milieu des carottes, navets et autres légumes car il a des effets répulsifs sur certains insectes.
La récolte
Les jeunes feuilles peuvent être séchées, surgelées ou conservées à l’huile ou au vinaigre. Les graines seront récoltées à maturité lorsqu’elles sont légèrement brunâtres. Il est préférable d’ensacher les tiges porteuses pour éviter une dissémination importante. Récoltez-les par temps sec, le matin de préférence.
Faire attention à d’éventuelles pollinisations avec d’autres Apiacées si on veut utiliser les graines pour de futurs semis
Et puis pour la biodiversité, l’aneth accueille les chenilles. Ici une chenille de Macaon.
Le fenouil commun ou vulgaire
(Foeniculum vulgare) C’est une Apiacée vivace de plus de 1,50m. Originaire du bassin méditerranéen. La base est bulbeuse. Les tiges portent un feuillage fin, plumeux et très découpé à la saveur fortement anisée. Il fleurit en été en ombelles jaunes qui donnent des fruits plats, striés jaune-brun très aromatiques.
On utilise les jeunes pousses ou les graines dans les salades, sauces, potages et légumes, viandes et poissons. Idéal pour farcir un poisson.
Un cultivar : Fenouil ‘Bronze’ : foeniculum purpureum
La culture : C’est une vivace qui peut être cultivée comme une bisannuelle,
Il se cultive dans un sol riche et profond, drainé et même sec, en plein soleil plutôt calcaire.
On sème en place en fin de printemps ou en automne en maintenant le sol humide jusqu’à l’apparition des premières feuilles. Il vaut mieux éviter le repiquage car le fenouil a une racine pivotante. Prévoir un espace suffisant pour que la plante puisse se développer, 0,50m. On peut l’intégrer au jardin d’ornement. En fin de saison, il faut nettoyer couper les hampes au pied.
A noter qu’il ne peut y avoir hybridation avec l’aneth car ce sont deux plantes de genre différent (foeniculum et anethum).
La récolte des feuilles se fait tout l’été. Préférer les jeunes feuilles plus tendres. On peut aussi les faire sécher ou les congeler. Pour récolter les graines, il est plus simple de couper les tiges et de les suspendre pour les laisser mûrir et sécher. On les conserve ensuite dans un bocal fermé.
Il est conseillé de ne pas laisser grainer car le fenouil se ressème trop facilement si le terrain lui convient. Pour enlever les plants utilisez un louchet car les racines sont très profondes et fourchues.
Plante compagne
Protège les choux mais à éviter près des Apiacées (ex ombellifères) tomates, des céleris, des poireaux.
En ce qui concerne le fenouil légume, il s’agit d’autres variétés de foeniculum.
Histoire
Charlemagne avait placé le fenouil sur la liste des plantes à cultiver obligatoirement.
Le cumin
(Cuminum cyminum) une Apiacée : Petite plante de 30cm de haut au feuillage vert brillant finement découpé et fleurissant en ombelles blanches ou rose nacré. On utilise ses graines très parfumées pour aromatiser le chou, les viandes, les sauces, les fromages, le pain. Elle est indispensable dans la cuisine indienne, mexicaine, d’Afrique du nord et du Moyen-Orient.
La culture
On sème des raines fraîches au soleil dans un sol riche, frais bien drainé au printemps puis en été. Eclaircir à 5, 8 cm entre les plants. Le cumin supporte le calcaire. Il faut le pailler dès qu’il fait chaud
La récolte
Dès que les graines commencent à se colorer, il faut couper les tiges, les enfermer dans des sacs en papier et les suspendre la tête en bas. On conserve les graines dans un bocal à l’abri de la lumière.
Histoire (petite)
Pline l’Ancien avait découvert que ses étudiants s’enduisaient le visage d’huile de cumin pour en accentuer la pâleur et faire croire qu’ils travaillaient trop.
Le carvi
(Carum carvi) une Apiacée : Parfois appelée improprement cumin, le carvi est une plante bisannuelle qui peut être cultivée en annuelle selon la date de semis. Il a un goût citronné et anisé. Toute la plante peut se consommer mais est toxique à haute dose.
On l’utilise dans la cuisine des pays du Nord et de l’Est : goulash, plats de porc, pains, choucroute, munster. Les feuilles fraîches agrémentent salades et crudités.
Les racines se consomment comme les carottes.
En cuisine, le carvi devient amer si on le cuit trop longtemps. Ajouter les graines 15 minutes avant la fin de la cuisson.
La culture
On le cultive souvent comme une annuelle. On sème au soleil ou à ombre légère, dans un sol léger et frais. Eclaircir pour ne laisser que 15cm entre les plants. Pailler pour garder l’humidité.
La récolte
Cueillette des feuilles et fleurs selon les besoins. La congélation et le séchage sont à éviter. Récoltez les graines avant qu’elles ne tombent car elles germent facilement.
Histoire
On a retrouvé des traces d’utilisation du carvi dans des habitations datant du mésolithique. Moins 5 00 ans. Les égyptiens l’utilisaient pour ses vertus médicinales.
La mélisse citronnelle
(Melissa officinalis) Originaire d’Asie Mineure et d’Europe méridionale, elle est utilisée depuis plus de 2.000 ans. C’est une Lamiacée vivace, rustique qui peut devenir envahissante. Elle mesure 60 cm. Ses feuilles exhalent une forte odeur citronnée quand on les froisse. On les utilise dans la cuisson des poissons et volailles et dans les plats en sauce, dans les crudités, salades, soupes, desserts et infusions. Elles renforcent ou remplacent le jus de citron.
La culture
Elle se propage par semis, boutures ou rejets. On l’installe dans un sol frais bien drainé à mi-ombre. Au soleil, les feuilles seront plus petites. Etant caduque, ses feuilles disparaissent en hiver. Pour éviter la propagation, coupez les hampes florales avant la maturité des graines.
Ne pas hésiter à rabattre l’ensemble en fin d’été pour avoir une remontée en automne.
La récolte
Jusqu’à 3 récoltes par an à partir de mai. On coupe les rameaux de jeunes feuilles à 5 cm du sol car la concentration des arômes y est la plus importante. Le séchage doit être rapide pour éviter le noircissement : (four à micro-ondes ou four thermostat 1 porte ouverte).
Propriétés
Plante aux nombreuses propriétés : antispasmodique, apaisante, digestive, sédative.
En cas de piqûre de moustique, froissez des feuilles sur le bouton pour calmer l’irritation.
Des cultivars
Melissa officinalis ‘Aurea’ aux feuilles dorées
Melissa officinalis ‘All Gold’ aux feuilles jaunes
Melissa officinalis ‘Lime’ au feuillage vert et à l’odeur de citron plus marquée.
Histoire
Avicenne, médecin perse du XI ème siècle la décrit comme un remède du cœur ; force, courage, gaieté, soucis et anxiété.
C’était la plante préférée de Charlemagne qui en a recommandé l’usage.
Les moines l’utilisaient dans la préparation de l’eau de mélisse des Carmes, dans la Chartreuse ou la Bénédict
La livèche
(Laevisticum officinalis) : Une Apiacée vivace dont les tiges disparaissent en hiver. On l’appelle aussi céleri perpétuel. La forme sauvage s’appelle ache des montagnes. Elle est originaire d’Iran. On utilise les feuilles pour parfumer les potages, les potées, les viandes bouillies et pour préparer des infusions. Les jeunes feuilles peuvent aussi agrémenter des salades. Les jeunes tiges cuites à la vapeur se consomment comme des asperges. Lorsque la plante est bien installée, on peut récolter les racines périphériques et les congeler.
La plante mesure facilement 1,5m. Elle possède une racine pivot longue et charnue. Des ombelles jaune Pernod sont portées par des tiges creuses en été. Toutes les parties de la plante sont parfumées avec une saveur proche du céleri. Mais attention à limiter les quantités utilisées car ses arômes sont puissants.
La culture
Un seul pied suffit pour une famille. On installe un rejet aussitôt prélevé dans une bonne terre de jardin bien drainée, au soleil ou à mi-ombre. Prévoir un emplacement suffisant car la plante forme rapidement une touffe. Pendant la période d’installation, les arrosages devront être copieux et réguliers. Des rejets apparaissent après 2 ou 3 ans. On peut les séparer à la bêche et les replanter de suite. Un pied peut vivre une vingtaine d’années ! A l’automne, apportez une pelletée de compost.
La récolte
Il faut veiller à ne pas utiliser les feuilles du cœur. A l’automne, rabattez le plant et faites sécher les feuilles ou congelez-les pour un usage d’hiver (le goût sera moins fort).
Propriétés
Tonique, carminative, diurétique pour les racines.
Histoire
On la retrouve dans la liste des plantes de Charlemagne.
Plante compagne
S’associe bien avec choux-fleurs, épinards, haricots, pois, poireaux, tomates.
Par contre éloignez-la des salades.
La verveine citronnelle et la citronelle
La verveine (Aloysia citriodora, une Verbenacée) et la citronnelle (Cymbopogon citratus, une Poacée) : Toutes deux ont un parfum citronné très marqué. On les utilise avec des crudités, dans des mayonnaises, pour la cuisson de poissons, volailles ou viandes, dans des infusions.
La culture
En pots car elles craignent le gel. On les installe en plein soleil dans un sol drainé. Elles ne craignent pas la sécheresse mais produiront plus de feuilles avec un peu d’humidité. Il faut pincer les tiges pour garder un port trapu aux plants.
On procède au bouturage en été.
Si les tiges se dessèchent soudainement, il faut arroser et mettre les pots à l’ombre pendant quelques jours.
La récolte
Au fur et à mesure des besoins. Il faut aussi rabattre les tiges en été et en octobre et les faire sécher à l’ombre.
La verveine d’Argentine : Elle s’utilise en infusion pour parfumer des jus de fruits ou des sirops. Elle développe des senteurs d’agrumes et de menthe.
Des variétés cousines de nos indispensables.
L’Hélichrysum italicum
Famille des Astéracées. Originaire du bassin méditerranéen. C’est une plante vivace persistante qui forme un petit buisson de 20 à 50cm. Toute la plante dégage une forte odeur de curry. On l’utilise un bouquet de feuilles en fin de cuisson pour parfumer les plats en marinade, la viande ou le poisson, le riz ou les pâtes, pour aromatiser de l’huile ou du vinaigre. Et surtout pour en extraire des huiles essentielles. On utilise ses feuilles mais il faut éviter de les consommer.
Culture :
On l’installe au soleil dans un sol sec, du moins bien drainé, peu fertile, de préférence au printemps ou en automne. Il faut le tailler régulièrement pour éviter le vieux bois et lui garder un port compact. Pour le multiplier, on peut faire des boutures à talon avec des rameux semi-ligneux de juin à août.
L’hélichrysum peut s’installer au jardin d’ornement dans une rocaille ou sur un talus où il apportera une touche de couleur par son feuillage bleuté et sa floraison jaune de juin à août.
Propriétés et histoire
Elle est réputée pour aider à soigner les plaies et les hématomes. Elle est un ingrédient dans beaucoup de médicaments et de produits cosmétiques.
On la trouve dans la liste des plantes utilisées par les Grecs et les Romains dès l’Antiquité
L’agastache
Famille des Lamiacées. Plante vivace herbacée. Selon la variété, les feuilles dégagent des odeurs d’anis (agastache foeniculum) (nom commun anis hysope, grande hysope) de menthe, réglisse, citronnelle (agastache mexicana). Elles parfument les salades et servent à préparer des tisanes avec des feuilles sèches ou fraîches.
Culture
Elle se cultive dans un sol drainé, assez frais, un peu calcaire. Elle résiste bien à la sécheresse.
Elle peut se ressemer facilement si elle se plaît. Les racines sont traçantes.
C’est une plante mellifère qui trouve sa place dans les massifs pour sa floraison.
L’hysope
(Hysopus officinalis) Famille des Lamiacées. Originaire du bassin méditerranéen et connue depuis l’antiquité. Un arbrisseau vivace buissonnant au feuillage fin semi-persistant de 40 à 60cm. Toute la plante dégage un arôme puissant. Les feuilles ont une saveur mentholée, camphrée et légèrement amère. En juillet elle fleurit blanc, bleu, rose.
Les feuilles s’utilisent fraîches ou sèches avec les féculents, les viandes, les farces, les pâtés, les feuilles finement hachées dans les hors d’œuvres ou les fromages blancs. Les fleurs relèvent le goût des salades.
On peut la mélanger avec d’autres plantes : thym, sarriette…
Culture
Au soleil, dans une terre drainée, calcaire et légère riche en humus.
On peut la semer ou obtenir des plants par division des touffes ou bouturage que l’on mettra en place à l’automne.
Il faut la tailler chaque année pour éviter le vieux bois.
Récolte
On prélève les tiges feuillées avant la floraison.
C’est une plante mellifère très décorative.
L’ail des ours
(Allium ursinum) Famille des Amarydillacées. Connue depuis le néolithique. Originaire d’Europe et d’Asie. Vivace de 30cm qui pousse partout ! elle fleurit blanc en avril. Plante proche de l’ail, elle est riche en huiles essentielles soufrées, en vitamines et minéraux. D’où son action dépurative, fortifiante et désinfectante.
On utilise toutes les parties de la plante : bulbes, feuilles, boutons floraux et fleurs.
Il aromatise les bouillons, sauces, beurre, pesto, salades composées. Attention, il perd son arôme lorsqu’il est cuit. La récolte commence à l’apparition des feuilles.
Il se cultive facilement à mi-ombre dans une terre fraîche. Mais il se ressème au point de pousser partout et de devenir envahissant.
Particularités
Germains et Celtes l’utilisaient pour ses vertus médicinales.
Au Moyen-âge c’était une plante utilisée dans la magie blanche (pouvoirs surnaturels).
Attention à ne pas confondre avec la colchique et le muguet. Seul l’ail a des feuilles parfumées.
Le lierre terrestre
(Glecoma hederacea) Famille des Lamiacées. A ne pas confondre avec le lierre. C’est une vivace aux tiges couchées de 60cm de long. Il fleurit bleu au printemps sur des rameaux dressés. Il a des senteurs caractéristiques entre la menthe, le thym, la mélisse, l’origan. On l’utilise comme un condiment avec du fromage frais, des champignons, des salades, des légumes, des crèmes dessert ou des soupes. On peut aussi faire un sirop ou des infusions ou une boisson rafraîchissante.
Culture
Il pousse à mi-ombre ou au soleil dans un sol pas trop sec. Il devint facilement envahissant à cause de ses stolons.
C’est une plante mellifère.
Récolte
Au printemps on peut cueillir tige, feuille et fleur. C’est le moment où les feuilles ont le plus d’arôme. Ensuite, il vaut mieux ne cueillir que les feuilles.
Une épice connue : le safran
Originaire de Grèce Famille des Iridacées. Longtemps largement cultivée en France surtout dans le Gâtinais, la culture du safran (Crocus sativus) est accessible à tous. Il suffit d’un peu de temps et de minutie.
Tout d’abord, préparez l’emplacement en installant dans le sol et sur les bords une barrière anti-campagnols. Le coût des bulbes justifie cette précaution.1 m² est suffisant pour une trentaine de bulbes. Après avoir travaillé le sol au printemps sur 20 cm, on paille ou on sème un engrais vert pour garder un sol propre. On se contente d’apporter un peu de cendres. On plante les bulbes entre le 15 juillet et le 15 août à 10-15 cm en espaçant de 20 cm.
Il est important d’avoir des gros bulbes si on veut une floraison (8cm de circonférence). Il ne faut arroser qu’en cas de sécheresse.
En automne, vers le 15 octobre et dans les 2 à 4 semaines suivantes, les bulbes donneront jusqu’à 3 fleurs chacun. Comme la fleur pousse la nuit, il faut la récolter le matin avant qu’elle ne s’ouvre. On coupe la fleur à la base en prenant soin de ne pas abîmer les feuilles et le pistil. Ensuite, on ouvre la fleur, on retire le pistil rouge, on supprime la partie inférieure et on fait sécher rapidement en posant sur un papier sulfurisé au four thermostat 1 à 2. Le pistil ne doit pas devenir cassant ; On conserve ensuite au sec à l’abri de la lumière.
On laisse les bulbes en place. Ils feront des bulbilles. Tous les 2-3 ans, il faut arracher les bulbes pour leur redonner plus d’espace.
Des idées pour installer les plantes aromatiques.
Quelle que soit la solution choisie, il est important de placer les aromatiques à proximité de la cuisine, surtout pour celles qui se consomment fraîches !
Pour ajouter aux plaisirs gustatifs, on cherchera à soigner le côté esthétique en jouant sur les couleurs et les tailles, les formes des feuilles sans oublier les floraisons.
Il faut penser à l’exposition, pour la plupart au soleil, les grandes plantes pouvant créer l’ombre dont certaines ont besoin ; et aussi penser à la nature du sol, drainé, frais, sec, riche, calcaire…
On peut installer les plantes aromatiques :
– En jardinières ou potées sur le rebord d’une fenêtre ou sur la terrasse ou le balcon : il faudra veiller à l’arrosage. Attention, les vivaces ont souvent du mal à le rester si les contenants sont trop petits.
On peut construire à l’aide de palettes découpées, des grandes jardinières que l’on installera sur la terre à cause du poids.
– En bordure d’une allée ou d’un massif ;
– Entre les rangs de légumes ;
– En damier ;
– En carrés d’aromatiques ;
– En forme de marelle rectangulaire ou circulaire dont le nombre de cases dépendra de la quantité de plantes choisies ; certaines cases peuvent être vides et couvertes de gravillons, d’ardoises, de pierres.
– En spirale au sol ;
– En spirale montante : montée avec des pierres, ce sera un milieu abritant une grande diversité : plantes et auxiliaires petits et grands…
N’hésitez pas à faire un plan avant de mettre en place vos petits plants !
Conclusion
Il existe quantité d’autres aromatiques à découvrir. Certaines demandent une culture en serre l’hiver car fortement gélives.
Pour la plupart des plantes citées ci-dessus, il est facile de se procurer des plants sur les marchés pour les plus communes ou dans les fêtes des plantes ou chez des pépiniéristes spécialisés pour les variétés et cultivars moins courants. Dans la mesure où on ne met qu’un plant, le coût est abordable.
Vous trouverez des modèles dans les ouvrages cités ci-dessous.
Documentation.
Les plantes aromatiques éditions Rustica
Les quatre saisons du jardin bio.
Le guide vert : les plantes aromatiques et herbes potagères éditions Chantecler
L’ami des jardins
Détente jardin
Thérèse P. Avril 2024